lundi 17 août 2026

Un Grand raccourci

Un film plein de drôlerie et de légèreté qui raconter les aléa de l'entrée dans l'âge adulte dans un monde rural sans perspectives. A moins d'en inventer. Dans chaque paire (deux cousins d'un côté, deux copines de l'autre) il y en a un pour embarquer l'autre dans un projet douteux. Il y a Corentin, improvisé dératisateur, d'un optimisme arnaqueur désarmant, et son cousin dont l'amitié indéfectible peine à modérer les foireuses ardeurs dudit Corentin, il y a Louise, délicieuse "conseillère funéraire" de 23 ans, merveilleusement empruntée et timide dans le concours de Miss locale où l'a catapultée son entreprenante copine. La justesse du film, c'est l'enchaînement de situations cocasses où personne n'est vraiment à sa place. Et comment, en décalage avec le réel ou en porte-à-faux avec eux-mêmes, ils cafouillent dans des projets improbables jusqu'à ce que ce réel, justement, les rattrape. Un Grand raccourci est un sans faute pour raconter aimablement la bancalité et la précarité de la sortie d'adolescence, comme un brouillonnement juvénile qui vise n'importe quoi, mais quelque chose. A la différence du père et oncle, restaurateur aussi vieillissant que son restaurant. Il galère, lui aussi, mais comme un vieux, à un stade où il vise le rien de la retraite. Il y a aussi, support à ces mésaventures cocasses, la peinture d'un monde rural deshérité où l'instinct de survie pousse à aller voir s'il peut y avoir une solution ailleurs. Même si on en vient à douter qu'un train arrive jamais dans une gare aussi abandonnée.

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