Arthur Harari. J'ai bien aimé me laisser captiver par cette histoire dérangeante, cette ambiance déroutante, cette quête et enquête sur Je est un autre. Ce film fait scruter les visages, les ambiances, les indices, les fausses pistes, le vertige de l'inconnu dans le familier, c'est une belle dérive dans le doute. Peut on vivre dans la peau d'un autre.
Au départ, David a des problèmes d'identité (malaise, voir mal-être social, corps furtif, visage émacié, regard fuyant), il ne vit que dans la photo, son regard sur les autres (mariages etc) et son regard sur les choses qui disparaissent (les banlieues avant/après. Où d'ailleurs il poursuit le travail d'un autre, son papa). Bref, il zone dans la vie sauf quand il se laisse captiver par... quelque chose qui fuit, en l'occurrence une mystérieuse inconnue, entrevue dans une réception champêtre.
Quand "la chose" arrive, sorte de transsubstantiation païenne dans une fête délirante, pleine de bruit, de fureur et de masques (qui en prennent plein la gueule au sens propre : éclater la piñata) où il a avalé une petite pilule, il tombe sur cette mystérieuse inconnue, ou c'est peut-être elle qui lui tombe dessus et il devient elle et vice versa. Elle, c'est le corps archi plein et triomphant (Léa Seydoux après sa maternité) que ce personnage furtif se met à habiter. Vertige. D'autres péripéties, une nouvelle victime de "la chose" (vampire, alien, capteur d'âmes...) et de nouvelles divagations pour cerner le mystère qui n'en finit pas de s'épaissir de fausses pistes en chausse-trapes. On sort de là légèrement ébahi (pince-moi, je rêve) avec une durable impression de vertige.
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