The Mastermind, Kelly Reichardt : Le titre est ironique, il s'agit d'un médiocre qui s'imagine qu'un casse va le remettre à flot et restaurer l'image de loser qui l'affecte aussi bien que sa famille. Un type qui traîne en caleçon chez lui en faisant miroiter des projets de travail alors qu'il prépare le casse de l'année (pas du siècle). Pendant ce temps, sa femme bosse et assure le reste. Sauf que le réel est plus coriace, brutal et résistant que ne peut l'imaginer ou l'encaisser ce minable qui se révèle de plus en plus "pauvre type" au fil de l'histoire. Le filme se déroule en 1970, l'image un peu crasseuse est en tonalité d'époque, on voit passer une Amérique moyenne, banale, pas celle du rêve américain. Le musée est moyen, les maisons moyennes, les banlieues quelconques et ses complices aussi minables que lui, en pire. On voit aussi passer en arrière-plan la guerre du Vietnam, (télé, manifestations, évocation des réfractaires qui passent au Canada...) une réalité à laquelle il est totalement étanche. L'ambiance est intéressante, intéressante aussi l'idée de prendre le contre-pied du film de braquage, mais certaines scènes sont exaspérantes de lenteur, quand elles sont filmées sans ellipse, comme en temps réel (par ex l'exaspérante scène de l'échelle et du fenil).
Marty Supreme, Josh Safdie : film survitaminé, conduit à 100 à l'heure pour décrire les contorsions frénétiques de Marty Mauser, surdoué du ping-pong qui veut à tout prix participer au top des championnats internationaux. On se laisse prendre au jeu avec un mélange de stupéfaction et de répulsion pour cet arriviste au bagout intarissable, jamais en reste de manipulations, bassesses et trahisons. Rebondissements en cascade, scènes choc etc, ça fait un bon film, mais pas "le" grand film annoncé à grands coups de promo et critiques.
Palestine 36, Annemarie Jacir : sur fond de colonisation britannique et d'implantations juives, le film raconte les germes du conflit (avec aussi des images d'archives) à travers l’histoire d’une révolte palestinienne ( grève de 36) et d’un village palestinien. Désespérant.
Un Monde fragile et merveilleux, Cyril Aris : un long cours tendre et désenchanté, ou comment une histoire d'amour peut-elle, ou pas, survivre au Liban. Personnages justes et attachants, à la limite de la fracture, dans un monde chaotique.
Alter ego, Ne pas confondre performance d'acteur (Laurent Laffitte est excellent) et qualité d'un film survendu. Tout le monde semble adorer ce film sur le double : c'est convenu et plein de facilités, sauf le dernier 1/4 d'heure où enfin ça déménage.






























