Yolande Zauberman. Une merveille de film de 1993, heureusement restauré. Une histoire magnifiquement racontée de patelin au fin fond de la Pologne de 1930 où une petite colonie de juifs du shtetl coexiste avec des villageois polonais. La vie dure dans un monde clos où les chrétiens oscillent entre méfiance et haine du juif (et du tzigane accessoirement).
Mais Ivan et Abraham sortent du moule, ils sont amis malgré l'antisémitisme ambiant. Une anomalie. L’autre ouverture, c’est Aaron, en fuite et recherché pour ses activités politiques. Et la délicieuse Rachel qui aime Aaron et résiste au mariage prévu par le grand-père.
En quelques tranches de vie (la famille, les enfants, les villageois, le jeune homme en fuite, l'école, la prière, le shabat...) le film montre sans démontrer et questionne l’ordre établi. Il montre aussi l'échappée belle quand les moineaux s’envolent, leur course effrénée dans l’espace, à l’air libre, les étranges rencontres dans la campagne polonaise, où leurs destinées les conduisent et comment elles s’accomplissent finalement.
Et derrière beauté des images et la beauté des personnages, la dynamique captivante et lumineuse de ces personnages qui cherchent à échapper à l'ordre du monde de la campagne et du shtetl, avec arrière-plan menaçant d'antisémitisme larvé ou affiché ou triomphant.
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