Kelly Reichardt : Le titre est ironique, il s'agit d'un médiocre qui s'imagine qu'un casse va le remettre à flot et restaurer l'image de loser qui l'affecte aussi bien que sa famille. Un type qui traîne en caleçon chez lui en faisant miroiter des projets de travail alors qu'il prépare le casse de l'année (pas du siècle). Pendant ce temps, sa femme bosse et assure le reste. Sauf que le réel est plus coriace, brutal et résistant que ne peut l'imaginer ou l'encaisser ce minable qui se révèle de plus en plus "pauvre type" au fil de l'histoire. Le filme se déroule en 1970, l'image un peu crasseuse est en tonalité d'époque, on voit passer une Amérique moyenne, banale, pas celle du rêve américain. Le musée est moyen, les maisons moyennes, les banlieues quelconques et ses complices aussi minables que lui, en plus mauvais. On voit aussi passer en arrière-plan la guerre du Vietnam, (télé, manifestations, évocation des réfractaires qui passent au Canada...) une réalité à laquelle il est totalement étanche. L'ambiance est intéressante, intéressante aussi l'idée de prendre le contre-pied du film de braquage, mais certaines scènes sont exaspérantes de lenteur, quand elles sont filmées sans ellipse, comme en temps réel (par ex l'exaspérante scène de l'échelle et du fenil).
mercredi 25 février 2026
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