Andrei Zviaguintsev. Certes, la peinture glacée du système et de ses privilégiés est glaçante : ces bureaux tout en transparence qui abritent tant de manipulations et de secrets, cette villa luxueuse tout en vitres et espaces ouverts où l'épouse se sent pourtant prisonnière et alienée, cet univers de la surveillance (et videosurveillance) où tout le monde est potentiellement sous le regard d’un autre, cet univers du mensonge, de la corruption, suspicion, trahison à tous les étages... Tout le monde ment à tout le monde, le sommet de l'état en irrigue tous ses relais (mairie, entreprise...) tout le monde a quelque chose à cacher et pourtant tout fonctionne : mensonge d'état, mensonge privé, mensonge professionnel... c'est le lubrifiant dans les rouages. Malgré quelques dérapages. Et il y a aussi un "ailleurs" invisible et omniprésent qui domine l'ensemble, "l'opération spéciale" générée par les hautes sphères, invisible et omniprésente, dévoreuse d'hommes et génératrice de manœuvres pour y échapper. Il y a aussi "l'ailleurs" mythifié de vacances pour se soustraire à la paralysie, la routine, l'enfermement, mais pas pour s'en échapper. Juste pour prendre des vacances.
Tout ça est très riche et magistral mais une certaine emphase (lenteur ?) et des séquences trop longuement admistrées font qu'on a envie d'arriver plus vite à la fin.
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