dimanche 28 décembre 2025
samedi 27 décembre 2025
Palmarès 2025
L'étranger, François Ozon :
L'Inconnu de la Grande Arche, Stéphane Demoustier.
Deux Procureurs, Sergeï Loznitsa
Ce Nouvel an qui nest jamais arrivé, Bogdan Muresanu (Roumanie)
Indomptables Thomas Ngijol (Cameroun)
- Reflet dans un diamant mort (agents secrets)
- Tardes de soledad (corrida)
- Le Rire et le couteau (Guinée-Bissau)
- Evanouis (disparition 20 enfants)
- L’Aventura
- La Tour de glace
- Un Poète
samedi 20 décembre 2025
Difficile de choisir
Nos âmes se reconnaîtront-elles ? Simon Abkarian, Amandiers (tout oublié)
Antoine et Cléopatre Tiago Rodrigues Th Bastill (rien retenu)
Golem, Amos Gitai, Th Colline (tout oublié)
Les Invisibles, th Bretonneau
Bel-Ami Lucernaire (convenu)
Du Charbon dans les veines, Th Palais Royal (convenu)
Ballet Hofesh Schechter, Opera (décevant)
Histoire d'un Cid, Amandiers, malicieux
POLAR(e), Rond-Point, enquête sur la disparition d'un jeune comédien et procès, (Céline Fuhrer et Jean-Luc Vincent), enlevé et distrayant
PASSEPORT, Michalik, une histoire de migrants efficace
Maintenant je n’écris plus qu’en français, une histoire ukrainienne de et par Viktor Kyrylov, Percutant, excellent auteur et acteur.
Moi Ivan, toi Abraham
Yolande Zauberman. Une merveille de film de 1993, heureusement restauré. Une histoire magnifiquement racontée de patelin au fin fond de la Pologne de 1930 où une petite colonie de juifs du shtetl coexiste avec des villageois polonais. La vie dure dans un monde clos où les chrétiens oscillent entre méfiance et haine du juif (et du tzigane accessoirement).
Mais Ivan et Abraham sortent du moule, ils sont amis malgré l'antisémitisme ambiant. Une anomalie. L’autre ouverture, c’est Aaron, en fuite et recherché pour ses activités politiques. Et la délicieuse Rachel qui aime Aaron et résiste au mariage prévu par le grand-père.
En quelques tranches de vie (la famille, les enfants, les villageois, le jeune homme en fuite, l'école, la prière, le shabat...) le film montre sans démontrer et questionne l’ordre établi. Il montre aussi l'échappée belle quand les moineaux s’envolent, leur course effrénée dans l’espace, à l’air libre, les étranges rencontres dans la campagne polonaise, où leurs destinées les conduisent et comment elles s’accomplissent finalement.
Et derrière beauté des images et la beauté des personnages, la dynamique captivante et lumineuse de ces personnages qui cherchent à échapper à l'ordre du monde de la campagne et du shtetl, avec arrière-plan menaçant d'antisémitisme larvé ou affiché ou triomphant.
mercredi 17 décembre 2025
Malina
Werner Schroeter.
Et vas-y que je te fais flamber la philosophe dans une cacophonie (se voulant baroque ?) de plans décousus, d'images obscures, de propos abscons. Elle est philosophe donc et devrait maîtriser la loqique et le langage. Que nenni, ce serait oublier qu’elle a eu un papa nazi et terrifiant, fouettard, vaguement sadique et queutard, assurément infidèle, de quoi vous détraquer la psyché d’une âme sensible. La voilà donc passablement déglinguée et en roue libre, passablement graphomane, valdinguant au gré de sa psyché exacerbée entre un amant fuyard et un garde-fou domestique. (C'est plutôt W.Schroeter qui est en roue libre pour filmer tout et n'importe quoi lui passant par la tête, fleurissant l’exaltation délirante de l'âme de la dame avec les joujoux et obsessions qui meublent la sienne). Il en ressort quil aime l’opéra, les appartements vastes, chics et vides, les rues désertes de Vienne, les bals décadents, les robes des dames, les établissements chics, le whisky, les cauchemars, et foutre un bazar noir dans le bureau de la dame (quand il n'y met pas le feu). Je ne sais pas combien de fois il a filmé la dame en train de fourrager furieusement dans le fatras de ses liasses de papiers et de lettres, combien de fois elle a balayé tout rageusement mais en vain, combien de fois elle y a mis le feu, puisque quelques plans plus tard, la même scène recommence, ses écrits la rendent folle, ou sa folie les lui rend haïssables. C’est une femme en flamme, toute en fêlures et en confusion... et alors ? On a l'impression que l’auteur rembobine pour filmer encore et encore la même chose : diverses variantes et contorsions d'un état de confusion délirante et qu'il y prend un plaisir certain. Isabelle Huppert se sort remarquablement bien de ce rôle impossible, quant aux garçons, Malina et Yvan, très décoratifs, ils font plutôt figure de punching ball au contact desquels la malheureuse n’en finit pas de se désarticuler.
Même si on ne comprend pas trop ce qui se passe, c’est assez intéressant. Surtout quand c'est fini et qu’on est sorti de cette frénésie. (C’est vraiment obscur et long, ce délire cinématographique censé incarner le chaos d'une écrivaine en feu, surtout la fin oû elle n'en finit pas de brûler.)samedi 13 décembre 2025
Resurrection
Bi Gan
Trop long, trop virtuose, trop obscur. J'ai passé deux heures dans le crépuscule du monde et une trame non moins obscure d'où il ressort un rendez-vous improbable, un agent secret, une mystérieuse valise, des poursuivants tortionnaires, des corps brisés et des grand trous quand j'ai plongé dans le sommeil, normal, c'est une obscure histoire de rêvoleur et d'extinction (du monde ? du cinéma ? des histoires proprement ficelées?) C'est truffé de références qui m'échappent pour la plupart, on sent que le réalisateur a vu beaucoup de films et qu'il a de l'ambition, c'est virtuose, spectaculaire à sa façon, plombé aussi de références à la fin du monde/ d'un monde/ du cinéma et qu'il aime se promener à l'envi dans ce sale monde plein de déchets, d'épaves, de détritus avec de sales personnages qui ont de sales ambitions, à la poursuite de cet étrange rêvoleur qui poursuit je ne sais pas trop quoi, à part le droit de rêver, voler, dissider de la pensée commune/correcte/conforme. En fait, à part le paysage général, je n'ai rien compris (et trop dormi ?) C'est le genre de film à voir avec un mode d'emploi (ce que je ferai peut-être après avoir lu très soigneusement la critique du Monde). Mais j'hésite (2h1/2 quand même) à aller vérifier si ce grand geste de paranoïa cinématographique valait vraiment la peine.


