Reflets dans un œil d'or John Huston. Parce que j'avais entendu parler du roman de Carson Mc Cullers. Atmosphère rance d'une garnison militaire somewhere en Georgie, avec un officier supérieur rance, lui aussi (Marlon Brando) et psychorigide, affligé d'une stupide épouse qu'il délaisse. Une petite bourgeoise allumeuse (Sophia Loren), qui outre le fait qu'elle a un amant, évidemment (un officier, marié à une autre névrosée, évidemment) parade dans la microsociété de la garnison et prend un malin plaisir à bafouer son époux. Et dans tout ça, les chevaux. Sophia Loren les monte à la perfection (elle en profite pour s'envoyer en l'air dans les fourrés au cours de balades avec son amant). C'est un sous-fifre de la caserne qui s'occupe de son étalon favori, qu'elle seule est capable de monter. Le soldat est fasciné par la dame, et s'introduit la nuit en douce dans sa chambre pour la mater, il fascine l'époux, qui le mate en douce quand il monte à poil dans la forêt... et ça finit mal. Ça vient d'une époque où l'hypocrisie sociale et sexuelle faisait encore le ciment des couples, c'est gluant, irrespirable, les personnages sont médiocres, frustrés, insupportables, chacun à sa manière (sauf le soldat, hors-caste, énigmatique, semant le trouble).
Gagarine : Fanny Liatar, Jérémy Trouilh. RésuméAllociné : Youri, 16 ans, a grandi à Gagarine, immense cité de briques rouges
d’Ivry-sur-Seine, où il rêve de devenir cosmonaute. Quand il apprend
qu’elle est menacée de démolition, Youri décide de rentrer en
résistance. Avec la complicité de Diana, Houssam et des habitants, il
se donne pour mission de sauver la cité, devenue son " vaisseau spatial
". Moyennement engageant, a priori, mais ayant cru comprendre "que c'était bien", j'y suis allée. Bien m'en
a pris, avec ce sujet improbable la réalisatrice a réussi un film
"neuf" surprenant, plein de délicatesse, d'humanité et de poésie.
Bonne Mère, Hafsia Herzi : encore de l'humanité en veux-tu en voilà, et de la désespérance, à suivre le quotidien de cette brave femme de ménage des "quartiers nord" (l'actrice est extraordinairement touchante).
Le Mandat, Ousmane
Sembene (1968) : cruelle histoire des bouleversements occasionnés par
l'arrivée d'un mandat postal dans une famille sénégalaise. Le
destinataire écartelé entre le devoir de solidarité et les exigences de
l'administration et celles des quémandeurs. Ancré aux vieilles valeurs de la société traditionnelle, le bonhomme ne fait pas le poids face aux prédateurs en tout genre, notamment ceux de la modernité.
Les Voleurs de chevaux Yerlan Nurmukhambetov et Lisa Takeba. Kazakhstan et Japon. Un beau film, une histoire extraordinairement simple dans une nature extraordinairement belle. Un éleveur de chevaux, sa femme, ses enfants, le monde dans lequel il vivent. C'est minimaliste et super dense, vu principalement à travers le regard d'Olzhas, le fils aîné, un presque adolescent. J'irais le voir rien que pour les paysages extraordinaires, mais il y a aussi cette finesse de regard sur la famille, sur l'enfance (les petites sœurs), sur Olzhas, à la frontière de l'âge adulte, sur les jeux des gamins, sur la société villageoise.
Oss 117 : Alerte rouge en Afrique noire aimable divertissement au racisme sexisme (d'époque ?) assumé
Bergman Island Mia Hansen-Løve. Hem. C'est
une curiosité pour les amis de Bergman : sans avoir à faire le voyage,
on visite "son" île, Farø, divers lieux de tournage de ses films, sa
tombe, sa maison... et on découvre la bergmania ambiante ; on apprend
aussi quelques détails de son caractère (désagréable). Le reste
(notamment la délicieuse Vicky Krieps) a un certain charme, mais pas
grand intérêt. C'est une aimable balade qui évoque les interférences
entre la création, le cinéma et la vie en effleurant des sujets comme
l'amour, le couple, les tourments de la création. Comme Bergman, en
somme, mais en version vraiment soft.